Journal d'un taupin

08/11/09

Conférences inaugurales

La semaine de la rentrée, une série de conférences inaugurales ont pris place dans l'amphithéatre Cauchy (ancien élève de l'École), leçons d'ouverture animées par de grands noms de la science, avec entre autre Jean Salençon, président de l'Académie des Sciences.

Le site de l'École (qui, bien qu'imparfait, change agréablement de celui de Faidherbe), propose les enregistrements audio et des photos sur la page suivante.

Voici quelques photographies des différentes leçons, tirées du site officiel, vous permettant d'apercevoir notre cher amphithéatre, où les cours d'économie, de mécanique et d'analyse nous sont présentés.

L'entrée de l'amphi Cauchy...


Notre professeur de physique quantique, en duo avec Cauchy, en fond


Petit jeu: votre cher infini favori est présent dans deux de ces photos... Saurez-vous le retrouver ?

05/11/09

Prochainement sur ce blog...

... Journal d'un taupin va prochainement faire son grand retour !

Vous pourrez y découvrir la vie en école, au jour le jour ; elle est bien loin de ce qu'un taupin peut s'imaginer (lorsqu'il parvient à se l'imaginer), tant au niveau des activités que du travail, du niveau, de l'ambiance...

Cela commencera par des articles, et un de ces jours peut-être, un nouveau design. Ne le supprimez pas de vos favoris, surveillez les flux RSS !

02/10/09

Ponts et Chaussées

Mercredi 26 août 2009, je m'embarque avec deux grosses valises vers Champs-sur-Marne, en Seine-et-Marne. L'école est à 20 minutes de Paris, dans le RER A qui est très agréable (hors des heures d'affluence). Après deux minutes de marche à pied, jedécouvre le très beau et majestueux bâtiment des Ponts.

Ceux qui ont passé leurs oraux Mines-Ponts en MP le connaissaient déjà, puisque c'est l'école qui abrite les épreuves. De loin, ça ressemble à ça:

Il y a encore quelques années, l'école nationale des ponts et chaussées se trouvait en plein centre de Paris:



L'intérieur, très classe et ancien, avait des airs de Poudlard:



Malheureusement, le bâtiment a dû être vendu pour financer la construction de nouveaux laboratoires, et le déménagement des statues et de l'obélisque, l'année dernière :



Revenons à Champs sur Marne, et approchons nous un peu des nouveaux bâtiments:

Alors, vu comme ça, ça ressemble à un bâtiment normal. Enfin, disons trois bâtiments, qui sont reliés par le centre à un vaste hall. Petite vue satellite pour présenter les lieux:

Tout ce que l'on peut espérer se trouve à quelques minutes à pied de ma chambre. Mieux: le RER donne sur Paris, Disneyland, Val d'Europe ou de grands complexes cinéma... à une vingtaine de minutes maximum.

Rapprochons nous de l'entrée pour l'instant:







L'intérieur est très classe: il s'agit d'un très grand hall, où 6 ascenseurs donnent sur les six ailes (dont chacune porte un nom de scientifique) et les cinq étages.



Entre chacune des ailes, sous les arches, se trouvent un restaurant, et deux bibliothèques. Les escaliers qui descendent mènent aux deux amphithéatres:



Après de nombreuses démarches administratives, des conférences données par de grands noms de la science (dont des images, sons et compte-rendus sont disponibles sur le site de l'école), nous partons en week-end d'intégration (dont je ne dirai, bien sûr, rien), et puis en stage ouvrier d'un mois, à la SNCF.


27/09/09

Et maintenant ?

Il y a deux ans et quelques jours, je prenais, incertain, le TGV pour Lille. Élève de terminale assez moyen, je ne me doutais pas réussir à intégrer une «grande école». J'avais promi, à quelques camarades de lycée, de tenir compte de mes aventures passionnantes sur internet, pour que l'on puisse garder contact. J'ai tenté, tant bien que mal, de le faire, malgré parfois un grand manque de motivations, et d'idées.

Il faut avouer que je n'ai pas vraiment réussi à faire partager ce que j'ai vécu. Malgré tout, certains irréductibles osent avouer qu'ils ont aimé lire ce qui était présent ici, et m'ont demandé de tenter de parler de l'école d'ingénieur. Comme si cela intéressait quelqu'un ! La prépa, on y arrive avec appréhension. L'école est un soulagement ; qui s'inquiète d'y rentrer, où aimerait voir ce qu'on y fait ? Je reste partagé sur la question.

Fort heureusement, la nouvelle LSD HX4 (de l'année 216) a lancé son propre blog «Journal d'une taupine». Il est dans la lignée (et, il faut le dire, bien plus intéressant et rempli) du journal que vous avez sous les yeux. Je vous invite à aller le voir, le lire, le dévorer, et le suivre régulièrement !

Bonne vie à tous les infinis, bonne continuation aux actuels taupin-e-s, et évidemment, bonne chance à tous ceux qui, je l'espère, continueront de remplir les bancs de Faidherbe.

10/09/09

Résultats

Après le 19 juillet, date des oraux, il faut attendre, et terminer sa liste de vœux. La pile des plaquettes envoyées par les écoles dépasse largement le mètre (véridique!) ; pourtant, j'ai jeté de nombreuses enveloppes d'écoles de CCP sans même les avoir ouvertes.

Les résultats des oraux de Centrale tombent le 27 juillet, ceux de Mines-Ponts le 28. Il est douteux de publier les notes obtenues; je ne mets les miennes qu'à titre indicatif, et uniquement celles que j'ai obtenu au concours Mines-Ponts, puisque c'est sur ce concours que j'ai finalement intégré:

Devinez à cause de quelle note je n'ai pas eu les Mines ?

Le 29, les barres de Centrale et des Mines tombent, et le 30 vers 13H30, le site Scei dévoile finalement les résultats:

Tremblant et suant, on se connecte...


Et Et les résultats tombent !
(ma liste de vœux est censurée pour éviter qu'on s'en inspire ou qu'on vienne râler en commentaire ; l'unique chose à retenir, c'est qu'il faut mettre les Ponts devant Centrale)

Devinez sur quel bouton il ne faut pas cliquer...


Les vacances seront courtes...


(notons que je n'ai plus qu'un mois de retard dans le récit de mes aventures épique !)

06/09/09

On n'a jamais été aussi proche de la fin... Les oraux de Centrale

Les premières révisions ont commencé le 4 avril, et nous sommes le 11 juillet. J'ai le sentiment de ne pas avoir bien réussi les Mines, et Centrale reste donc plein d'enjeux.

L'accès à l'école n'est pas difficile; on descend à Anthony (ligne B) et on prend un bus, ou on marche un petit quart d'heure.

Le campus, en lui-même, est en demi-teinte ; le stade est grand, et il y a beaucoup de verdure. Les bâtiments, quant à eux, sont vieux et moches, et me font regretter ceux de Faidherbe (c'est dire !)

Le bâtiment principal de l'école centrale des arts et manufactures de Paris

J'arrive au campus le lundi soir, paie une centaine d'euros pour y passer la semaine. L'accueil est sinistre : aucun élève de l'école est présent, mais au contraire... des colonies de vacances, à qui les bâtiments de l'école est loué pendant les vacances. Motivant.

Ma chambre, quant à elle, est partagée par un étudiant très gentil qui rêve de Centrale Nantes ; j'ai récemment appris qu'il l'a obtenu, et je le salue s'il passe ici.

Le mardi 14 juillet, j'ai mes deux épreuves de mathématiques ; elles se passent relativement bien, et je maîtrise nettement mieux Maple que l'examinateur qui s'arrache les cheveux avec.

Le mercredi matin, je passe mon TP de sciences industrielles. Je bloque assez rapidement, et je n'ai pas le droit de passer une question, ce qui fait que je suis passé à coté de beaucoup de choses que j'aurai pû faire.

L'après-midi  je n'ai pas d'épreuve, mais un ongle incarné, que je traîne depuis plusieurs semaines, et pars donc me faire opérer à l'hôpital d'Anthony. Pourquoi vous raconter cette anecdote ? Car il m'a été donné des médicaments anti-douleurs, que j'ai pris le lendemain, et qui se sont révélés être de puissants anthalgiques. Le jeudi, c'est donc totalement shooté que je pars à Supélec pour passer l'épreuve de TP de physique.

Supélec, à Gif sur Yvette, et c'est loin de tout. Comptez un long trajet en RER, suivi de vingt minutes de bus au milieu des champs. Le campus en lui-même n'est pas si mal que cela, avec un bâtiment assez original. Comme écrit précédemment, je me sens endormi, tout tourne autour de moi. Mon épreuve était assez simple: étude de circuits à diode. Mais tout s'est terriblement mal passé ; je réussis à peine à écrire mon nom, mon stylo est lourd, et chaque lettre est difficile. Je réponds à deux questions, et je serai finalement récompensé d'un quatre sur vingt.

Supélec, le lieu du plus gros ratage de ma taupe

Le lendemain, je pars à l'IUT de Paris, dans le sixième arrondissement parisien, pour passer mon TIPE. J'ai pris grand soin de jeter les médicaments de la veille à la poubelle, et même si mon pied m'élance, je suis capable de penser. Mon ADS (Analyse de Document Scientifique) porte sur les capteurs photoélectriques, et j'ai cruellement manqué de connaissances personnelles sur le sujet. Mon TIPE, quant à lui, est assez bien passé, même si j'ai le terrible sentiment que mes examinateurs n'ont pas tout compris, comme leurs questions l'ont laissé entendre.

Le samedi 18 juillet au matin, une épreuve d'anglais m'attend: je suis loin d'être bon en anglais. Pourtant, la professeur a l'air de m'avoir trouvé bilingue, a bu mes paroles sur un texte qui prédisait la mort prochaine de la Silicon Valley. L'après-midi, ma première épreuve de physique concernait l'étude simpliste d'un mascaret (vague remontant un fleuve). Les bilans mécaniques sont loins, et j'ai du mal à me remettre dans le bain.

Le dimanche 19 juillet, je pars à l'épreuve de physique-chimie ; j'ai étudié un mobile fictif en physique, et une électrolyse en chimie.

En sortant d'épreuve, un étrange sourire se forme sur mes lèvres... Libre ! Je suis libre ! Nous sommes le 19 juillet, il est 10H06,  le ciel d'Anthony est nuageux, et la prépa est derrière moi. Mes livres de chimie n'auront jamais à être réouverts !

Quelques heures plus tard, un avion m'amène sous le soleil corse.

Passons aux choses sérieuses: Mines-Ponts

Nous sommes désormais le 6 juillet ; je suis dans un petit appartement parisien et doit me rendre tous les matins à l'ENSAE pour y passer les oraux de CCP. L'ENSAE, je ne peux pas présenter cette école, puisqu'elle est réservée aux élèves provenant de MP. Le concours a cependant décidé que je visiterai cette école, et Telecom Paris le vendredi pour mon TP de physique.

Les locaux ne sont pas très beaux, mais l'organisation irréprochable ; si l'on arrive en avance, on a des chances de passer dès que le professeur se libère. Les rapports des jury sont à disposition pour ceux qui s'ennuient.

Mines-Ponts a trois spécificités vis à vis de Centrale: les oraux comptent énormément (à deux tiers), il n'y a qu'une épreuve de maths et une de physique, et les admissibles le sont à toutes les écoles. Conséquence: à partir du moment où l'on est admissible, tout peut arriver !

  • Lundi 6, épreuve d'anglais: le texte qui m'est proposé parle de l'intérêt décroissant de l'administration américaine pour la conquête spatiale. Je suis peu inspiré, et persuadé d'avoir bafouillé et fait de nombreuses erreurs.
  • Mardi 7, épreuve de mathématiques: j'arrive très en avance à 7H15 du matin pour 8h. Le professeur est déjà présent, me fait passer immédiatement et sans préparation. Après un début très difficile, je me relève et termine deux exercices. La note obtenue sera (nous le verrons plus tard) bien en deça de mes attentes, et me fera perdre les Mines.
  • Mercredi 8, épreuve de physique: ma question de cours porte sur la poussée d'Archimède. Je ne sais pas donner le siècle d'Archimède (à trois cent ans près...), oublie qu'elle s'applique sur le centre de gravité du fluide déplacé (et non de l'objet). L'exercice d'électromagnétisme débouche sur une équation différentielle impossible à résoudre. La note obtenue sera bien supérieure à mes attentes, ce qui sauvera un peu l'hécatombe des maths.
  • Jeudi 9, épreuve de français: sur le pessimisme généralisé de nos sociétés. J'ai brassé, ça s'est bien passé. Conseil aux futurs candidats: critiquez le texte, et utilisez comme vous le pouvez vos références culturelles.
  • Vendredi 10, épreuve de travaux pratiques: j'arrive légèrement en retard (Telecom Paris est décidemment loin de toutes stations de métro...), tombe sur du Michelson (horreur !), pour mesurer un angle très faible (10^-5 degrés d'ac) d'une lame en verre et tombe sur un examinateur très rigoureux, qui ne supporte pas les recettes de cuisine du type "oui oui, non non". J'arrive à lui expliquer cette dernière, et le loup se transforme en agneau. Échanges amusants, blagues d'opticiens, critiques des Tec et Doc... il me donne l'impression d'avoir enfin trouvé le génie en optique qu'il attendait. Moi, nul en optique, tente de ne pas trop gâcher l'image qu'il s'est donné de moi. Lorsque, critiquant ses collègues, il me pose une question triviale et que j'ai peur de répondre une énormité, il me rassure "mais non, mais non, je vous demande ça hors barème... de toute façon, vous avez fait un excellent travail", je crois rêver. Je me rassure en me disant qu'il déchantera en voyant mon rapport écrit... ce n'est même pas le cas.
Quelles sont les notes obtenues, me direz-vous ? Ah ah, ne soyez pas trop impatient, je dois encore parler du concours Centrale. Ensuite, promis, vous les aurez.

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